Parce qu'il y a un début à tout.

Bienvenue ici. Je m'appelle Lauriane; et j'ai trouvé un endroit où semer quelques graines de nos petites vies. Ce blog ayant avant tout une fonction "équibiographique", vous trouverez au fil des pages différents articles, qui s'enchaînent commes les chapitres d'un livre, illustrés par quelques-unes de mes photos, et parfois par des petites vidéos de ma création.

Ce blog contiendra plusieurs extraits de romans, des citations, des poèmes, des textes ou des proverbes divers, si bien adaptés à ce que j'ai pu penser ou ressentir qu'ils sont obligés de figurer ici. D'ailleurs, si certains d'entre vous se rappèlent de textes qui les ont particulièrement marqués, surtout n'hésitez pas (si vous en avez le temps) à nous les faire partager !



Sur ce, bonne visite aux lecteurs motivés, et bienvenue sur les sentiers de nos vies ^^


"Ainsi, sans faire part à quiconque de ses intentions et sans être vu de personne, un matin avant l'aube (c'était au mois d'avril et la journée promettait d'être chaude) il s'arma de pied en cap, monta sur Rossinante, ficela son heaume à sa visière, fixa le bouclier à son bras, prit sa lance et, par la porte de la basse-cour, sortit dans la campagne, ravi de voir que tout commençait aussi bien..."
Miguel de Cervantès


Parce qu'il y a un début à tout.

# Posté le jeudi 30 août 2007 12:54

Modifié le dimanche 09 août 2009 14:43

Moi & Wakan, lors de mes premières séances en carrière.

Moi & Wakan, lors de mes premières séances en carrière.
En fouillant dans des vieux cartons, j'ai retrouvé tout un tas de dessins et gribouillis, représentant la plupart du temps... des chevaux. Depuis toute petite, mon rêve était de faire de l'équitation. Je passais mon temps à gribouiller des silouhettes animales, et celles qui revenaient le plus souvent étaient celles des chevaux. Etrange obsession donc, qui me permettait sans doute à l'époque de m'évader. D'où pouvait me venir cette passion? Si la présence des chevaux dans un pré ne dérangait pas mon père, elle inquiétait ma mère. Autant vous dire qu'ils étaient plutôt réticents à l'idée de m'inscrire dans un centre-équestre. Plus tard, j'ai appris que mon arrière grand-père, avait eu pas mal de petits chevaux, dont des chevaux de course. Il ne les montait pas, mais il s'en occupait. Alors peut-être que cette passion me vient de mon arrière grand-père. Peut-être est-elle héréditaire :) Cette idée d'avoir quelque chose en commun avec mon ancêtre, que je n'ai malheureusement pas connu, me rend fière et me rassure.

J'allais pénétrer dans un monde qui allait très vite devenir mon royaume et mon refuge.


Eté 2001
C'est donc à l'âge de 7 ans, que je débarque à La Martinie, une petite ferme équestre, nichée au coeur du Limousin, près de Rochechouart. Et quand, pour la première fois, je mis mes pieds dans les étriers de la selle de Wakan, mon corps était engourdi, gauche, presque paralysé. Un paquet de nerfs posé sur une masse de muscles fluides. Drôle de couple. Cela ne relevait pas encore de l'art nommé Equitation... Longtemps, je m'astreignis à de simples petites balades au pas, aux reprises des débutants, aux séances de mise en selle. Je ne travaillais alors que sur moi-même. Et tout cela pendant deux ans à peu près. Et puis, Laurence & Michel Maniaval, les propriétaires de La Martinie, me proposèrent de dresser leur poney shetland, Miette.
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C'est donc avec émerveillement que je commencais cet autre travail, jamais abouti, toujours à parfaire : sur le poney lui-même. On met des années à le comprendre... Et à s'élever à cette hauteur où l'art, soudain, pour quelques instants seulement, paraît succéder aux exercices d'entraînement.

# Posté le dimanche 10 février 2008 12:30

Modifié le mardi 29 septembre 2009 13:41

~ Le futur appartient à ceux qui croient en la beauté de leurs rêves ~

Comme je vous l'ai expliqué dans l'article précédent, Laurence & Michel m'avait proposé de travailler et de reprendre en main " Miette-La-Malice ", leur poney shetland croisé falabella, afin de le sortir en spectacle. Cette petite teigne promenait les enfants sur son dos mais les faisait régulièrement tomber. Bien avant cette inespérée et inattendue proposition, je l'admirais pendant des heures, le nez dans son épaisse crinière, les mains triturant les poils de son petit poitrail chaud... J'aime son petit chanfrein droit, je suis folle de ses petites oreilles qui le rendent tellement crapule! Pour lui et sa bouille de voyou, j'irai jusqu'au bout du monde! Et pourtant, je n'avais pas confiance en moi lorsque j'ai commencé à le monter. Nos débuts étaient un peu catastrophiques... Du début de l'hiver 2003, jusqu'à la fin du mois d'avril 2004, j'ai ainsi enchaîné les leçons hebdomadaires, les chutes, les remontées, les pleurs, les larmes, les remises en question. Avec du recul, je me rends compte que durant cette période-là, j'ai davantage appris la discipline, la maitrise de soi et de mes émotions qu'à être une cavalière. Je suis tombée à de nombreuses reprises (parfois même 3 ou 4 fois lors d'une même séance), des gadins plus ou moins spectaculaires; je me suis fais mal, je me suis pris des orages verbaux dans la figure, des pluies de critiques qui donnent envie de disparaître sous terre, mais aussi des compliments inatendus dont le simple souvenir (même longtemps après), me réchauffe encore le coeur.

Des moments délicats et des moments de joie, où on se sent brusquement et merveilleusement exister.

~ Le futur appartient à ceux qui croient en la beauté de leurs rêves ~

# Posté le jeudi 30 août 2007 13:04

Modifié le mardi 29 septembre 2009 13:46

-'-C'est quand on risque de perdre un être cher qu'on se rend compte à quel point on l'aime.

-'-C'est quand on risque de perdre un être cher qu'on se rend compte à quel point on l'aime.

C'était ma fin de sixième au collège. Je travaillais Miette deux à trois fois par semaine. Je lui avais appris à se coucher et à s'asseoir sur demande, à grimper dans le charriot et à en redescendre sans craintes. Notre numéro était enfin au point. J'étais inscrite au programme du prochain spectacle. Mon premier spectacle équestre... Prévu le 1er Mai 2004 à Saillat sur Vienne, pour la fête du cheval. Je n'avais qu'une hâte, c'était de pouvoir enfin intégrer la troupe des Cavaliers du Feu. Mais une stupide maladie vint tout bouleverser, vint tout remettre en cause. Je me rappèle avoir reçu un coup de téléphone de Michel, un mercredi matin. Je crois me souvenir que Miette souffrait d'une obstruction de l'oesophage et d'un coup de sang. Le vétérinaire était venu plusieurs fois. Et puis le verdict tomba : si cela ne s'arrangeait pas, il faudrait euthanasier Miette. Tout s'est écroulé autour de moi. Je n'arrivais pas à réaliser. Tous les soirs après les cours, j'allais voir Miette. Je le massais, je le brossais, je lui apportais des friandises, je l'aidais à déglutir l'herbe. Parfois, je le trouvais allongé dans l'herbe. Sa vie était si fragile... Aussi fine et éphémère qu'une goutte d'eau. Mais un jour, comme par miracle, Miette allait un peu mieux. Il pouvait à nouveau manger. Peu à peu, il reprenait des forces. Et au bout de plusieurs semaine, j'ai recommencé à le travailler. Ce miracle n'est pas à expliquer, ni à justifier. Rien ne le caractérise mieux que cette impossibilité d'en expliquer l'effet par des causes naturelles.

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# Posté le vendredi 31 août 2007 13:56

Modifié le vendredi 21 août 2009 04:14

Ce petit cheval m'impressionna d'une manière que je ne puis très bien expliquer.

Ce petit cheval m'impressionna d'une manière que je ne puis très bien expliquer.

2oo6 - La saison des spectacles battait son plein. A la martinie, il y avait beaucoup de travail à faire, pleins d'expériences enrichissantes à vivre. Entre les poulains à débourrer, les juments à faire saillir, les vacanciers à emmener en promenade, les spectacles à préparer... Je ne savais plus où regarder, où me cacher pour espionner, où me réfugier pour observer chaque fait et geste des personnes que j'admirais alors le plus au monde. J'avais soif de connaissance, de savoir, de nouveauté, je ne demandais qu'à vivre davantage de choses et ainsi profiter de chaque détail pour enrichir ma culture et mes quelques acquis en pratique équine. Seuls les mercredis me permettaient d'appliquer, à cheval, mes observations et mes déductions, récoltées ici et là : Laurence nous accompagnait en balade. Wakan avait été vendu, je m'étais donc attaché à un autre cheval. Royal, un petit gris vraiment adorable. Je le prennais la plupart du temps. Je me rappelle de nos balades dans la forêt, à travers la campagne. Qu'est-ce-que j'ai pu m'amuser, avec lui ! J'ai pu expérimenter sur son dos mes premières figures de voltige, mes premiers galops sans étriers (avec les bras tendus à l'horizontal), mes premières randonnées, mes premières séances de mise en selle. Et puis un jour, Royal n'était plus là. Je ne sais pas ce qui a pu lui arriver. Et je l'ignore encore. Après cette douloureuse séparation, je n'étais pas pressée, je n'attendais rien. Reelito s'est véritablement imposé à moi. Je me rappelerai de ce mercredi toute ma vie. Ce mercredi où, comme d'habitude, je suis rentrée dans le paddock, un licol à la main, afin de choisir le cheval que j'allais monter. Je m'apprêtais à prendre Willow, un jeune cheval pie, pas facile du tout (qui me faisait tomber régulièrement, mais que j'appréciais car il était vraiment confortable, avec ses petites foulées qui me permettaient de galoper plus longtemps, derrière les autres cavaliers repassés au trot).

Et c'est alors que je l'ai vu.

Un petit cheval d'un noir innimitable, aux reflets roux, prostré dans un coin du mur, tout au fond du bâtiment. Il se tenait là, comme une ombre, dédaignant les autres chevaux. Je ne saurais pas expliquer, même aujourd'hui, ce qui s'est produit à ce moment là. Je me suis approchée de lui. Il a tourné la tête. J'ai plongé mon regard dans ses yeux. Il a plongé le sien dans les miens. Cela m'a coupé le souffle. C'est comme si j'avais été happée quelque part. J'ai tendu une main tremblante. Il l'a longuement reniflé, par ses petits naseaux doux et soyeux. Alors, je lui ai mis le licol. Il s'est laissé faire. Je l'ai emmené dans la cour, je l'ai attaché au mur, à côté des autres chevaux que mes amis cavaliers avaient pris. Michel n'a rien dit. Il m'a indiqué sa selle et sa bride. Et au moment de partir en balade, alors que je venais de grimper en selle, il m'a simplement dit : "Il s'appelle Reelito." Je n'ai su qu'après que je venais de monter le petit cheval espagnol d'une amie à Laurence et Michel. Un petit cheval noir très caractériel, qui était arrivé à La Martinie pour être redébourré, car Brigitte (sa propriétaire) n'arrivait plus à le monter.

# Posté le lundi 29 octobre 2007 03:51

Modifié le mardi 29 septembre 2009 13:48